Laura - Trouver sa place et avancer autrement

Temps de lecture : 10 minutes

Publié le : 27/05/2026

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Laura a 27 ans. Aux Ateliers du Bocage, elle travaille aux espaces verts et naturels. Elle a commencé le jour de son anniversaire, un hasard qu’elle raconte avec un sourire dans la voix.

« C’est la première fois que j’étais vraiment calme ce jour-là. Je ne connaissais personne, ni l’endroit… j’étais un peu réservée. »

Très vite pourtant, sa personnalité reprend le dessus : Laura est dynamique et spontanée, toujours partante pour rire et créer du lien. L’accueil de l’équipe et le quotidien sur le terrain lui permettent rapidement de se sentir à l’aise et de trouver sa place.

Un engagement social et environnemental assumé

Laura évoque un engagement social et environnemental qu’elle porte depuis longtemps. Elle ne le définit pas comme politique, mais plutôt comme une manière d’oser aborder des sujets sensibles, de questionner ce qui l’entoure et d’ouvrir le débat.

Il y a plein de choses qui changent dans notre société : certaines nécessitent de s’adapter, d’autres ne sont pas forcément normales. Je pense que c’est important que chacun fasse quelque chose à son niveau, parce qu’ensemble, on peut changer énormément de choses.

Laura Lécureuil Agent aux espaces verts et naturels

La nature occupe une place essentielle dans la vie de Laura. La biodiversité, la faune, la flore… forment un univers dans lequel elle aime se retrouver, un espace qui lui permet de souffler et de prendre du recul.

« J’ai toujours aimé la nature, c’est un endroit où je vais pour me détendre ou me vider la tête, souvent en me baladant avec mes chiens. »

Aux espaces verts et naturels : un quotidien sur le terrain

Avant son arrivée aux Ateliers du Bocage, Laura a connu plusieurs expériences professionnelles, notamment dans les parcs animaliers du côté de Poitiers puis en Auvergne. Une période qu’elle décrit comme enrichissante, mais aussi marquée par l’éloignement de sa famille.

« Pendant tout ce temps, j’étais loin de ma famille. Comme je ne voulais plus travailler dans les parcs animaliers, je n’avais plus vraiment de raison de rester loin de chez moi. »

Après une expérience en usine qui ne lui correspondait pas, Laura ressent le besoin de revenir vers un métier plus en lien avec le terrain et ses valeurs.

« Rester enfermée me pesait », explique-t-elle simplement.

C’est la Mission Locale qui lui fait découvrir les Ateliers du Bocage. Elle y trouve une structure différente, où l’on construit un parcours professionnel tout en travaillant. Elle signe alors un contrat en insertion aux espaces verts et naturels.

Les journées s’organisent au rythme de l’équipe.

On prépare le matériel, on charge les camions et on part sur les chantiers. L’objectif est toujours que le lieu soit propre et que le travail soit bien réalisé.

Laura Lécureuil Agent aux espaces verts et naturels

Laura intervient sur différents chantiers d’entretien et d’aménagement pour des particuliers, des entreprises ou des villes : tondre, débroussailler, tailler des haies, planter de nouvelles haies en protégeant les jeunes arbres avec des piquets et des filets. Elle utilise également du matériel spécifique comme la débroussailleuse, le taille-haie, la tondeuse ou la trancheuse, qu’elle apprend à maîtriser.

« Au début, on m’a expliqué comment faire, puis à force de pratiquer et de refaire les gestes, j’ai réussi à le faire seule. »

Ce qu’elle aime surtout, c’est la diversité des tâches, le travail en extérieur… mais aussi les imprévus du terrain.

« Il faut accepter les conditions climatiques : la pluie, la boue, la chaleur… ça fatigue, mais ça fait partie du métier. Par exemple, avec mon collègue Xavier, on a déjà travaillé dans la boue jusqu’aux genoux. On a fini par en rire. »

Une présence féminine qui bouscule les idées reçues

Laura appréhende un peu son arrivée. Elle est la seule femme et se demande comment elle va réussir à trouver sa place, d’autant qu’elle n’a pas la même force physique que ses collègues.

Elle prend ses repères, gagne en confiance et trouve son équilibre dans le collectif.

« Je sens que j’ai une vraie utilité. Je sais que je peux assurer un chantier avec un collègue. On me considère comme un réel effectif qui apporte vraiment quelque chose au travail. »

Pour elle, ce métier n’est pas une question de genre, mais de complémentarité : chacun peut y trouver sa place, homme ou femme, avec de la motivation et de l’apprentissage. Elle nuance aussi les idées reçues encore présentes sur son métier :


« Certaines personnes sont surprises : “Ah, tu plantes des fleurs ?” alors que je débroussaille, taille des haies… Ça fait sourire. »


Laura encourage d’ailleurs d’autres femmes à se lancer dans ce type de métier, sans se limiter aux représentations que l’on peut encore avoir des espaces verts ou des travaux extérieurs. Pour elle, il ne faut pas se laisser impressionner : chacun apporte ses qualités.

Retrouver du sens dans le travail

Au fil de ses expériences professionnelles, Laura s’est parfois sentie en décalage avec certains environnements de travail, notamment lorsqu’ils lui semblaient trop éloignés de ses valeurs humaines et environnementales. Le fonctionnement plus « classique » de certaines entreprises lui donnait parfois l’impression de devoir rentrer dans un cadre qui ne lui correspondait pas totalement.

Aux Ateliers du Bocage, elle découvre une autre manière de travailler : un cadre professionnel, mais aussi une attention portée aux personnes. Cette expérience lui permet de reprendre confiance dans le monde du travail et de se projeter à nouveau dans un parcours professionnel.

Les Ateliers du Bocage, ce n’est pas une entreprise “classique”. Il y a une autre mentalité et une autre approche.

Laura Lécureuil Agent aux espaces verts et naturels

En parallèle, un accompagnement pour construire son projet professionnel

Dans le cadre de son accompagnement, Laura est amenée à rencontrer La Colporteuse, une association d’éducation populaire. Ces échanges lui permettent de préciser ses envies et d’explorer de nouvelles pistes professionnelles.

Elle exprime notamment son intérêt pour le domaine de l’animation, mais se heurte à un frein : l’absence de diplôme et la question du financement.

Elle décide alors d’engager le passage du BAFA, commencé au mois d’octobre et structuré en trois étapes : une session de formation générale, un stage pratique, puis une session d’approfondissement. En juillet, Laura rejoindra le Centre socioculturel (CSC) de Mauléon en tant qu’animatrice sur un camp nature destiné aux enfants.

À l’issue de cette expérience, elle reviendra aux Ateliers du Bocage pour poursuivre la construction de son projet professionnel. Elle réfléchit déjà à la suite, avec l’envie d’intégrer une formation BPJEPS animation à la MFR de Bressuire. Son objectif : trouver une structure d’apprentissage tournée vers l’environnement, afin de poursuivre un parcours en accord avec ses valeurs.


Ce parcours est rendu possible grâce au soutien des Ateliers du Bocage, qui financent la formation et maintiennent son salaire pendant les périodes d’absence.

« Je ne peux pas me permettre de perdre mes revenus, donc ce soutien change tout pour moi », souligne-t-elle.

Dans ce même temps, elle bénéficie également d’un accompagnement sur ses outils de recherche d’emploi, notamment la réalisation de son CV et de sa lettre de motivation, ainsi que d’une formation en communication professionnelle. Ces temps lui permettent de mieux comprendre la manière de se présenter et de valoriser ses compétences.

Prendre confiance et avancer

Depuis son arrivée aux Ateliers du Bocage, Laura mesure le chemin parcouru. Elle découvre un métier qu’elle n’avait encore jamais exercé, apprend à utiliser de nouveaux outils et gagne en assurance.

« Je suis plus sûre de moi et j’ose davantage apprendre à utiliser des machines, parce que j’ai remarqué que j’apprenais facilement. »

Avec le temps, elle prend confiance dans ses capacités, aussi bien physiquement que professionnellement. Elle en plaisante d’ailleurs avec humour :

« Avant, Lolo n’avait pas beaucoup de biscotos… alors que maintenant, Lolo a des gros biscotos ! »

Aujourd’hui, Laura encourage surtout chacun à écouter ses envies et à oser essayer de nouvelles voies, même lorsqu’on doute au départ de sa place ou de ses capacités.

« Si je n’avais pas franchi le pas, je n’aurais peut-être jamais travaillé dans les espaces verts. Même si ce n’est pas forcément le métier que je veux faire plus tard, je suis très contente d’avoir acquis toutes ces compétences et cette expérience. Merci à mes collègues pour leur bienveillance et tout ce qu’ils m’ont transmis au quotidien. »